A 12 ans, je m'occupais des personnes agées de l'immeuble où je vivais, au 13ème étage dans la belle ville que certains médias aiment qualifier de "banlieue", dans le sens quartier sensible, mais qui en réalité est une jolie petite ville fleurie dans le 92. J'ai toujours considéré que j'insultais les gens qui vivaient dans des quartiers extrêmement difficiles quand j'acceptais que l'on me qualifie de jeune de banlieue. Ma soeur y a vécu dans ces quartiers, des cousins y vivent et je peux vous dire que les vraies banlieues où les choses sont beaucoup plus difficiles qu'ailleurs ne sont pas comparables à Chaville. C'est pour cela que je demande à ce que l'on ne fasse pas la comparaison, par respect pour ces personnes qui méritent que l'on se penche sur leurs problématiques réelles en dehors de tout racollage politique.
Du 1er au 7ème étage de mon immeuble, il y avait une maison de retraite. Je faisais chaque jour après l'école, la tournée des personnes agées, pour faire leurs courses. Ils me donnaient une petite pièce, et je gagnais très bien ma vie à 12 ans. J'étais déjà indépendante, achetais mes fournitures scolaires et celles de mes frères et soeurs, aidais mes parents... J'en étais très fière car j'étais déjà indépendante. Je rentrais tous les soirs aider ma mère à s'occuper de la maison.
J'ai adoré mon enfance. Vraiment. Et pour rien au monde je ne l'échangerais. Elle m'a permis d'être celle que je suis, et contribuera à être celle que je veux être. J'adore répondre aux gens et journalistes qui me disent : "Vous venez d'une famille modeste" que je viens d'une des familles les plus riches de France ! Que les valeurs que m'ont transmises mes parents me rendent si riche ! Nous avons tous la chance de notre histoire. Venir d'une famille modeste, d'un quartier difficile ou autre, nous enseigne des choses que d'autres plus privilégiés n'auront pas la chance de connaître ni de vivre. Ils ne seront par conséquent pas inspirés par les mêmes choses. Nous aurons donc des idées qu'ils ne pourront avoir. Et vice-versa. Il est vrai que j'ai grandi dans des conditions très modestes. Mais je dis merci, grâce à cela je connais la valeur de mon combat.
Nous avons tous la chance et la force de notre histoire. A nous d'en faire quelque chose de bien...









